Lac-Sainte-Marie fait son cinema

JUSTINE MERCIER – Le Droit

La défunte station-service de Lac-Sainte-Marie est devenue un magasin général. De faux rochers en styromousse ont été installés dans le lac. Ça fourmille un peu partout sur l’eau, au village et aux abords des chalets, alors que la municipalité de la Haute-Gatineau accueille le tournage d’une production de 4,5 millions $, ‘a fish story’.

Au beau milieu du lac, mercredi, on tournait une scène d’accident. Un petit bateau devait percuter de plein fouet des rochers, pour ensuite exploser sous la force de l’impact pendant que son occupant sauvait sa peau en sautant à l’eau. À quelques dizaines de mètres de là, un quai flottant accueillait l’équipe de réalisation. La logistique est complexe. Un bateau à moteur auquel est attaché un câble doit réussir à tirer l’autre embarcation jusqu’au point exact où les explosifs sont dissimulés. À partir d’un ponton, le responsable des effets spéciaux dirige les équipes avec son walkie-talkie. Le câble coopère mal, de sorte que le tournage de la scène, prévu en avant-midi, a dû être reporté après le lunch.

Pendant ce temps, acteurs et autres artisans du film observent le travail de leurs collègues, confortablement installés sur le terrain d’un résident qui a bien voulu louer son chalet à l’équipe.

Avant d’opter pour Lac-Sainte-Marie, le scénariste, acteur et réalisateur Sam Roberts (à ne pas confondre avec le chanteur canadien du même nom) a visité quelques plans d’eau de la région. Ce qu’il souhaitait, c’était reproduire l’environnement du lac du Poisson Blanc (près de Val-des-Bois), puisque son film est inspiré de sa propre histoire, lorsqu’il s’y rendait avec sa famille. Mais tourner au lac du Poisson Blanc aurait nécessité un budget trois fois plus élevé.

Le maire de Lac-Sainte-Marie, Gary Lachapelle, n’a pas hésité avant d’accepter que le tournage se déroule dans sa municipalité. « La réalisation d’une partie de ce film chez nous représente un stimulant économique pour les commerces de la communauté, souligne M. Lachapelle. [...] Que ce soit pour l’hébergement, la restauration et toutes autres formes de besoins, le tournage d’une partie de ce film est une magnifique vitrine pour la municipalité. »

La productrice gatinoise Annie Coutu, de la firme Aisha Productions, est impliquée depuis environ deux ans dans ce projet. La compagnie a aidé M. Roberts à dénicher l’endroit parfait pour la réalisation du film. Les derniers mois ont été consacrés à rassembler toute l’équipe nécessaire et à s’assurer que tous pourraient être hébergés sur place. « On a loué une trentaine de chalets », a indiqué Mme Coutu.

Réunissant des acteurs américains et canadiens, le film a aussi permis l’embauche d’une trentaine de personnes de la région. Selon Annie Coutu, le secteur du Lac-Sainte-Marie profitera de cette aventure lorsque le film sortira en salles, ce qui devrait se faire au courant de l’année prochaine.

« Il y a un gros impact touristique après le passage d’un film, parce que règle générale, les gens voient le film et veulent revoir exactement ce qu’ils y ont vu », explique la productrice.

Le tournage, qui a débuté le 11 août, doit se poursuivre jusqu’à la mi-septembre. Quelques scènes ont aussi été tournées à Wakefield, et l’équipe se déplacera aussi à Gatineau.

 

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